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Lundi 13 Oct. 2008
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Monopole et inefficacitéArgument fondamental L'analyse des prix et quantités choisies par le monopole dans la section précédente montre que le monopole choisit un prix supérieur à son coût marginal et une quantité inférieure à celle qu'il choisirait en situation de concurrence. Le monopole produit donc trop peu et trop cher. Il est donc moins efficace qu'un ensemble d'entreprises en concurrence parfaite produisant le même bien, il alloue de façon inefficace les ressources. La différence entre le prix de vente Pm et celui du marché concurrentiel Pc est une mesure de la rente perçue par le monopole, en d'autres termes de son pouvoir de monopole. Pour cette raison, l'idée prévaut chez certains libéraux que le monopole est systématiquement inefficace, qu'il n'existe qu'à cause d'une restriction aux lois normales de la concurrence qu'il faut éliminer. Cette idée, appuyée par des exemples de rupture volontaristes de monopoles ayant conduit à une baisse des prix (la téléphonie aux États-Unis après la décision de démantèlement d'AT&T), doit cependant être nuancée à la lumière de la diversité des marchés. Le présent article a ainsi fait allusion au cas du monopole naturel, où la duplication d'une infrastructure essentielle entraînerait l'emploi inefficace de ressources. L'économiste Joseph Schumpeter a par ailleurs mis en évidence un lien entre les rentes de monopole et la capacité à investir dans la recherche et développement. Monopole et innovationDans le cadre de la concurrence parfaite, les entreprises font un profit nul. On peut alors se demander comment elles peuvent financer des activités non immédiatement productives, comme la recherche et développement. C'est ainsi que l'économiste Joseph Schumpeter fit remarquer en 1942 dans Capitalisme, Socialisme et Démocratie que les principales innovations étaient dues non pas à des entreprises soumises à une forte concurrence, mais à des monopoles. Son argument repose sur l'idée que seuls les monopoles disposent de profits positifs, qui leur servent à financer ces activités dans l'espoir d'entretenir leur avance technologique et leur pouvoir de monopole. On peut enfin noter que le système du brevet repose sur l'idée de garantir à l'innovateur un monopole sur la fabrication de son produit en échange de la publication de son procédé. Cela veut dire que la rente de monopole est utilisée comme incitation financière à l'innovation. Théorie des marchés contestablesLa théorie des marchés contestables repose sur un argument unique : si un monopole fait des profits, il doit exister des entreprises voulant entrer sur le marché pour prendre une partie de ces profits en vendant un peu plus et moins cher que le monopole en place. Dans sa version extrême, cette théorie affirme donc que la menace que fait peser cette entrée potentielle oblige le monopole à se comporter comme s'il était effectivement en concurrence parfaite, et à vendre au coût marginal. Le monopole ne se distingue alors plus de la situation de concurrence. En pratique, entrer sur un marché est coûteux (coûts fixes). Un entrant potentiel ne va donc entrer que s'il espère faire des profits supérieurs à ces coûts, ce qui ne sera pas possible si le monopole en place l'oblige à une guerre des prix qui conduit les deux entreprises à vendre au coût marginal. La pression concurrentielle potentielle dépend donc de l'ampleur des coûts fixes et de la crédibilité de la menace de guerre des prix (une fois le nouveau entré sur le marché, le monopole peut avoir intérêt à partager la rente avec lui plutôt que de faire la guerre). Copyright 2008 - Société 1001 d'après Wikipédia
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