Economie du Japon

Le Japon, s'appuyant sur la coopération entre l'Etat et les entreprises, une forte éthique du travail, la maîtrise des hautes technologies et la faiblesse relative des dépenses militaires (1% du PIB) a progressé à un rythme extraordinaire jusqu'à devenir la deuxième économie du monde, derrière les États-Unis. L'organisation économique du Japon a quelques traits propres : les liens étroits entre industriels, sous-traitants, et distributeurs dans des groupes appelés keiretsu ; de puissants syndicats d'entreprise, peu de conflits, un mouvement de revendications salariales annuel (shunto) au printemps ; la garantie de l'emploi à vie pour une part importante des employés de l'industrie. Mais ces éléments sont en déclin.

Raisons de la puissance japonaise

Le Japon doit sa puissance économique spectaculaire à un modèle économique nommé "en vol d'oies sauvages", à partir du miracle japonais de l'après-guerre des années 50-60. Le principe est simple : tout d'abord, commencer par repérer les produits dans le marché extérieur qui vont mal ou sont peu vendus, les importer et les produire à domicile et à les améliorer en profitant d'une main-d'œuvre bon marché pour gagner le marché extérieur. Une fois que le produit s'est bien vendu, la concurrence est apparue et que le prix de la main-d'œuvre a trop augmenté, alors la production n'est plus jugée rentable au japon, les entreprises délocalisent dans d'autres pays moins développés pour profiter de nouveau d'une main-d'œuvre bon marché. L'Afrique et l'Amérique latine ont une main-d’œuvre meilleure marchée et pourtant n'entrent pas dans le circuit.

Il s'agit aussi d'une relation confucéenne de "co-évolution" d'une parenté symbolique du "grand frère" au "petit frère" où le changement de l'un fait la promotion et facilite le changement de l'autre, comme l'automobile, la construction navale, l'électronique et l'optique japonaises des années 70 ont ouvert la porte à celles de la Corée des années 80 et celles des "petits dragons" de Hong Kong, Singapour et Taiwan des années 90, avant l'entrée en scène de la Chine et du Viêt Nam.

Il doit de même sa puissance économique à sa main-d'œuvre extrêmement disciplinée: il n'y a presque jamais eu des grèves dans les entreprises et lorsqu'elles eurent lieu, les gens venaient travailler mais avec un brassard pour exprimer leur mécontentement. Un véritable "culte de l'entreprise" s'est développé, suivant l'idéologie d'une harmonie industrielle du Japon moderne, chef de file, en "vol d'oies sauvages", d'une économie politique asiatique.

Un système dualiste

Le système économique du Japon est un système dualiste : d'un côté les firmes multinationales (FMN) comme Toyota par exemple, accompagnées par un système de société de commerce : les Sōgō shōsha. Ces dernières sont des sociétés d'informations chargées de récolter et de repérer les meilleurs Marchés pour les FMN (on dit que leur système de récolte d'information est meilleur que celui de la CIA). Dans ces entreprises, les salaires sont très élevés (comparables à ceux en Occident) et l'emploi est "à vie" (quoi que ce système soit en déclin récemment). Le groupe bancaire appartient à cet ensemble aussi. D'un autre côté, les petites et moyennes entreprises (les "PME" japonaises en quelque sorte), où les salaires sont très bas, servent "d'amortisseur" aux FMN : en cas de crise, c'est dans ces entreprises que les travailleurs sont licenciés.

Secteurs économiques

L'industrie, secteur dominant de l'économie, est très dépendante des importations de matières premières et d'énergie. Le secteur agricole, bien moindre, est fortement subventionné. Les rendements sont parmi les plus hauts du monde. Le plus souvent autosuffisant en riz, le Japon importe la moitié de sa consommation des autres céréales. Sa flotte de pêche est une des plus importantes au monde, et réalise presque 15% des prises totales. Pendant trois décennies, la croissance a été spectaculaire : en moyenne et hors inflation 10% par an dans les années 1960, 5% dans les années 1970 et 4% dans les années 1980. Dans les années 1990 la croissance a été nettement plus faible, essentiellement à cause de surinvestissements à la fin des années 1980, et d'une politique économique d'austérité destinée à purger les excès antérieurs des marchés boursiers et immobiliers. Les efforts du gouvernement pour relancer la croissance ont eu peu de succès. Elle a été encore contrariée par le ralentissement économique aux États-Unis et en Asie en 2000-2001.

À long terme, la surpopulation des zones habitables et le vieillissement de la population sont deux problèmes majeurs. La Robotique est une des grandes forces de l'économie à long terme. 410 000 des 720 000 robots industriels du monde sont au Japon.

L'année fiscale se termine en mars.

Catégorie :
Strategie
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Date de publication :
17 octobre 2006